Le Maître
Avréamis flamboyant initié
Perça tous les secrets du Ciel et de la Terre
Sur son chemin de vie scintillait Lumière
Le domaine des morts aisément franchissait
O magne Avréamis maître de la magie
A l'instar de Neptune ébranle le sol sacré
Fait tournoyer les eaux comme le sage Nérée
Voguant sur tous les vents ainsi qu'Eole agit
Puissant Avréamis franchit rideau de feu
Et dans les flammes lit livre de l'Akasha
Dans le cœur de Terre voyage en Shambala
Ô grand initiateur de disciples nombreux
Ô mage Avréamis ton désir sans limite
De pouvoir repoussait les frontières mortelles
Vers les cimes des Dieux s'élancèrent tes ailes
Lors le feu d'Hypérion le dieu Soleil s'agite
En un crépitement, embrasement céleste
Mage le plus puissant est déchu à présent
Ailes confisquées, retrouvées dès maintenant
Car il s'est incarné en aigle très majeste.
Au service de Zeus perce le cœur des hommes
Torture Prométhée dont dévore le foie
Scrutant tous les méfaits, exécutant la Loi
Instrument aveuglé, justice qui assomme
Ennivré par Léthé, il agit cette fois
Au service des Dieux, non pas comme autrefois.
Remplissant son office durant nombreux siècles
Renaissant chaque fois comme un oiseau de proie
Il obtint le pardon à la fin de ce cycle
Mais pas la rédemption et vécut dans les bois
Le mage raffiné redevint un disciple
Puis vie de rapace dut être compensée
Le bourreau victime dut lors être à son tour
Princesse étrangère, enfermée dans sa tour
Remise à Pharaon comme gage de traité
Se remit étudier dans sa prison dorée
Demi-Dieu grâce à Zeus, il devint Sarpédon
Chef des peuples de d'Asie, Prince de Lycie
Illustre descendant du grand Bellérophon
Fléau des Achéens, fils de Laodamie
Il était acclamé digne rempart d'Ilion
Mais il fut maltraité par le bouillant Achille
Adolescent rebelle violenta le héros
Âme traumatisa comme avait dit Sibylle 13
Et Patrocle acheva de l'accabler de maux
En duel il périt, terrassé par sa faux
Hypnos et Thanatos par le Dieu de l'Orage
Peinèrent à créer nécessaire mirage
Pour emporter son corps en la dive Lycie.
Encore rabaissé, on le nomma Seigneur
D'une castellanie aux paysans frondeurs
Sa femme il séquestra en une terrible ardeur
Souvenir oublié ranimant le malheur
La princesse outragée accomplissait son heure
Mais le mage châtié refautait en cette heure
On fit de lui un moine, un bon frère prêcheur
Participant alors à Sainte Inquisition
Puis de haulte magie se prit nouvelle ardeur
Et de philosophie véritable passion
Il connut à son tour terrible exécution.
Il renaquit enfin pour la dernière fois
En un milieu modeste indiqué par le Doigt
Le karma compensé sauf la blessure d'Achille
Celle de Pharaon à l'anima agile
Ses secrets enfermés en un Nâdir occulte
Ne seraient révélés qu'à l'occasion d'un culte
Initiations passées un jour retrouverait
Et lors serait sauvé Celui qui passerait.

